Beaucoup trop de préjugés fusent à mon égard, tant de stéréotypes plus stupides les uns que les autres. Les gens parlent, critiquent sans même savoir. Pour eux certains de mes actes sont idiots et immatures, je ne dirais pas le contraire, mais ils n'ont aucun droit de porter quelques jugements que ce soit en ne sachant pas même les raisons ni les circonstances.
Ce voient – ils meilleurs que moi ?
Sans doute et je ne leur en veux pas, bien qu'ils ne réalisent pas qu'ils ne représentent pas un modèle de perfection, loin de là. Pourtant je leur pardonne car l'homme est narcissique et égocentrique.
La déception que je peux leur causer m'attriste, ce n'est pas mon but mais c'est plus fort que moi je suis décevante quoi que je fasse, pour lui comme pour n'importe qui. Les excuses n'ont alors aucun sens, la tristesse ressentit n'arrange rien et les larmes versées n'effacent pas les actes ou les paroles blessantes. Tout ces mots paraissant anodins mais en fin de compte si blessants, toutes ces phrases qui résonnent interminablement dans ma tête, ils sont semblables à une chanson que je n'apprécie guère mais qui malgré tout les efforts pour l'oublier ne parviens pas à s'écharper de mon esprit. Alors je repense au pourquoi ces mots ont été prononcés et je réalise la gravité de ma faute commise, je me sens alors vraiment idiote, stupide de ne pas avoir plus réfléchis à mes gestes, gamine de prendre de tels risques sans raisons valables et conne de ne pas réussir à revenir en arrière alors que j'en ai parfois encore la possibilité mais je n'ose pas blesser la ou les personnes concernées, alors qu'au final elle souffrira bien plus qu'à présent.
Les présences autrefois quotidienne s'en vont alors une à une sans crier gare, sans prendre la peine de m'avertir. Un beau jour plus personne ne sera là et cette fois je me retrouverais vraiment seule, c'est peut – être ce dont j'ai besoin tout compte fait, je ne sais pas. Et pourtant j'essaye d'agir correctement, de cacher le plus possible ma complexité que moi – même je ne comprends pas toujours si ce n'est rarement, je m'efforce d'être celle que les autres aimeraient que je sois, de dire ce qu'ils voudraient m'entendre prononcer et d'afficher un visage innocent avec un sourire pleins de naïveté et malgré tout je finis par les décevoir tour à tour, c'est un cercle vicieux qui apparemment jamais ne finira.
Vous me direz sans doute qu'il me suffit d'être naturelle, je ne suis pas contre mais encore faut – il que je sache qui je suis vraiment et ce n'est pas le cas. Je me cherche depuis trop longtemps indéfiniment et lors de cette longue recherche que j'entreprends je ne parviens qu'à devenir celle que j'aurais souhaité ne pas être. Il y a tant de choses que j'aurais voulu ne jamais avoir faites ou même connaître partiellement, or il est trop tard maintenant, le passé appartient au passé.
A présent que dois – je faire, comment dois – je agir, continuer ainsi ou bien encore changer ? Comment puis – je savoir ? Je suis bien trop jeune pour savoir qui je suis réellement, et je suis bien trop impatiente et envieuse de savoir quelles voix je devrais choisir pour arrêter d'être perdue.
Je me sens inconnue à moi – même, énormément de monde prétende me connaître et toujours je suis surprise, comment font – ils pour connaître une personne qui elle – même ne ce reconnaît pas en regardant son propre reflet dans un miroir, elle qui ce trouve parfois si garce avec autrui mais qui ne peux s'en empêcher ou qui ne sait faire autrement, comment font – ils pour savoir ce qu'elle pense alors que dans son esprit tout n'est que confusion, comment savent – ils chacune de ses réactions alors qu'elle n'arrive pas à prendre des choix seule, comment peuvent – ils prétendrent la comprendre alors qu'elle ne sait pas où elle en est, qu'elle ne comprend plus rien, et surtout comment savent – ils se qui serait mieux pour elle alors qu'elle ne sait pas ce qui la rend autant mélancolique et sombre ni même ce qui lui rendrait le sourire, un vrai sourire. Franchement j'admire ces personnes là qui savent tout mieux que tout le monde et grâce à qui tout s'arrange rapidement. Je ne pensais pas que de tels êtres existaient, comme quoi je me trompais.
Le monde est étrangement fait je trouve. Je pense ne pas être née à la bonne époque. Je me trouve si différente des autres parfois. Je les analyse tous, j'observe leur différent comportement, leur manière de parler toute plus ou moins semblable et je réalise que je ne suis qu'une pale copie d'eux avec une part de complexité supérieur et de renfermement certain qui ne me conduira à strictement rien de bon c'est sûr mais c'est ainsi. Je crois que cette solitude qui se trouve ancrée en moi depuis tout ce temps ne s'évadera jamais, il est trop tard maintenant, elle est bien trop présente, tout comme ce côté sombre qui me rend noire d'après certains, une fois qu'ils prennent possession de notre corps et notre esprit il n'y a plus rien à faire, l'on s'y habitue et l'on vie avec, il n'y a rien à faire d'autre, nous sommes comme nous sommes. Comme dit l'expression « chasser le naturel il revient au galop », c'est si réalise. L'on ne peut pas lutter ou bien l'on tombe dans l'indépendance, dans les conneries d'adolescents qui au départ étaient innocentes et irrégulières mais qui finalement deviennent une habitude, une habitude qui ne nous effrayent même pas alors qu'il y aurait quelques mois auparavant tout cela nous aurait parut absurde et inutile, bien sûr que ça l'est encore mais l'on ne s'en rend même plus compte. Pourrons – nous nous sortir de là dedans ou serons – nous déjà bien trop impliqués ? Seul l'avenir nous le dira, en espérant qu'il ne soit pas encore trop tard pour revenir sur nos premiers pas.
Un jour l'on se rendra compte de la gravité de nos actes et l'on se sentira bien stupide mais ce qui sera fait sera fait.
Une chose m'est incontestable l'avenir m'effraie et me paraît beaucoup trop incertain. Alors j'agis lâchement, je prétend que tout va pour le mieux et j'opte pour faire semblant, bien que je sache que ce ne soit pas la solution à adopter mais c'est tellement plus simple de ce dire que tout n'est que joies, de ne pas s'avouer nos faiblesses qui grandissent un peu plus à chaque instant et d'afficher un large sourire pour n'avoir à répondre à aucune question qui pourrait m'être posée. Pourtant les choses sont loin d'être comme elles semblent être, ce ne sont que de belles illusions dans lesquelles on se renferme, un monde à part de la réalité qu'on se construit pour ce croire heureux.
Et la prise de conscience sera brutale mais n'est en moins nécessaire.
